Partager l'article ! Bacar n'ira pas aux Comores: Cette fois-ci, les pieds nus et les tongs orange ont été remplacés par des nu-pieds militaires. Pas encore l’é ...
Cette fois-ci, les pieds nus et les tongs orange ont été remplacés par des nu-pieds militaires. Pas encore l’équipement adéquat pour un chef d’État et ses hommes en fuite, mais au moins de quoi leur redonner un minimum de dignité. C’est une nouvelle fois avec un dispositif d’accueil digne d’une rock-star menacée de mort que Mohamed Bacar et ses hommes ont passé les fourches caudines d’un tribunal réunionnais. Lentement, ils sont entrés dans le bâtiment du tribunal administratif. Mais dans une position offensive, celle d’hommes qui cherchent à éviter le sort qui attend les soutiens de l’ancien régime aux Comores. Une position couronnée de succès. En effet, le tribunal administratif a prononcé, hier après-midi, un non-lieu à statuer sur la requête en annulation de l’arrêté de reconduite à la frontière. En termes moins barbares, cela signifie que la préfecture a décidé de retirer l’arrêté qui voulait renvoyer Bacar et ses hommes aux Comores. “C’est une victoire”, soulignent les avocates des Anjouanais, Mes Bentolila, Briot et Sandalom. “On évite le pire : le retour aux Comores où ils risquaient la mort. Le nouvel arrêté est moins dangereux pour nos clients. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus le même.” D’enjeu, il sera question en fin de semaine. Aujourd’hui, les conseils des exilés vont déposer un recours en annulation contre un nouvel arrêté préfectoral publié avant-hier soir. Celui-ci prévoit une reconduite à la frontière pour les 23, “dans tout pays prêt à les accueillir”. Comores exclues, donc, bien que selon des témoins qui partagent leur quotidien, plusieurs exilés ont émis le souhait de rentrer à Anjouan, où se trouvent leurs familles, peu importent les risques. Les tractations diplomatiques sont d’ailleurs en cours entre la France et les pays prêts à accueillir les fugitifs. Par ailleurs, le tribunal administratif a rejeté la demande d’autorisation provisoire de séjour déposée par les avocates des Anjouanais. Ce pour une raison de procédure. Les avocates demanderont à nouveau un titre de séjour provisoire lorsque le tribunal administratif examinera la requête en annulation contre l’arrêté de reconduite à la frontière. L’audience aura lieu d’ici à la fin de la semaine. L’ex-président et ses partisans sont alors repartis comme ils étaient venus. Conduits par les gendarmes, sous haute protection, direction la base aérienne 181, en attendant avec impatience la suite du tourbillon judiciaire et médiatique qui les accompagne depuis qu’ils ont posé le pied en terre réunionnaise. Dehors, les anti-Bacar et pro-Sambi continuent à accompagner de huées les déplacements du président déchu. Samedi à 14 h, place des Droits de l’homme, une manifestation pour un procès de Bacar à Anjouan se tiendra à Saint-Denis. Les Droits de l’homme, voilà ce dont il sera question pour protéger les fugitifs. Quant à leurs présumées exactions perpétrées à Anjouan, il n’en a pas encore été question…
Julien Balboni
Les scénarios possibles La décision de l’Ofpra. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides aura la tâche d’examiner la demande d’asile politique des 23. Trois possibilités :
asile, protection subsidiaire, ou rejet de la demande. La décision de l’Ofpra suspend toute mesure de reconduite à la frontière. Deux agents de l’Office sont arrivés dans l’île. Ils mettront
probablement plusieurs semaines pour rendre une décision qui s’annonce décisive. La reconduite à la frontière. Elle est encore possible. Les avocates des 23 déposeront aujourd’hui une requête en
annulation, se déclarant “optimistes” quant à une issue « heureuse » pour leurs clients. La requête sera examinée par le tribunal administratif d’ici la fin de la semaine. Néanmoins,
les exilés vont passer leur journée à remplir des dossiers pour trouver un pays d’accueil. Parmi les destinations possibles, murmurées dans les couloirs, Madagascar, le Tchad, et toujours
l’Afrique du Sud. Les trois personnes dont la famille vit en France, parmi lesquelles Mohamed Bacar, ont plus de chances d’obtenir un titre de séjour. L’assignation à résidence. Toujours en
cours. Jusqu’à nouvel ordre, les 23 sont accueillis à la base aérienne 181, où ils sont nourris, logés et habillés. Ils sont cependant considérés comme libres par la justice.
Source: www.clicanoo.com (03/04/2008)
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